Les 14 et 15 juin 1815

Le nom de Florennes n'est pas associé à l'un des épisodes les plus glorieux de la poursuite du "Vol de l'Aigle" : il rappelle la marche troublée du IVe corps par la défection du lieutenant-général comte de Bourmont et de son état-major.

 « Le 4e corps, sous les ordres de Gérard [ci, à gauche], se mit en marche le 11 juin pour se porter sur la Sambre. Le 14, il était en position à Philippeville : là il reçut l'ordre de l'empereur de se porter au Catelet [Châtelet]  pour y passer la Sambre. La [3eme]division Bourmont formait tête de colonne ; son quartier général était à Florennes, village à deux lieues en avant de Philippeville. Dans la soirée du 14, ce général fit la reconnaissance du terrain dans le plus grand détail, et donna tous les ordres nécessaires pour la sûreté de ses troupes et la marche du lendemain.  Le 15, à quatre heures du matin, les troupes prirent les armes, à cinq heures et demie, M. de Bourmont monta à cheval, accompagné de son chef d'état-major, le colonel Clouet, d'un autre officier d'état-major M. Villoutreys, et de trois aides-de-camp [Trélon, D'Andigné et Sardat]; un brigadier et six chasseurs à cheval servaient d'escorte. Ce groupe se porta en avant comme pour reconnaître le chemin. Au bout d'une demi-lieue, le général Bourmont renvoya, sous divers prétextes, deux de ses chasseurs au commandant de sa première brigade [général Hulot], et peu après il congédia les autres chasseurs, remettant au brigadier deux lettres [la sienne et celle du colonel Clouet] pour le comte Gérard, et chargeant ce sous-officier de dire au général de la première brigade qu'il allait rejoindre Louis XVIII. Le brigadier le vit parlementer avec les avant-postes prussiens, et passer à l'ennemi avec ses officiers" (J.-M. BARTHELEMY,Waterloo.1838).

Source : http://books.google.be/books?id=WSNAAAAAIAAJ&pg=PA145&lpg=PA145&dq=quartier+du+g%C3%A9n%C3%A9ral+bourmont+%C3%A0+florennes&source=bl&ots=eAtAgaH21h&sig=FtQ6pkr-eelBqUhbklCM-e0c_zM&hl=fr&ei=x2kvTcHpG8aChQftl_zoCg&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=2&ved=0CCMQ6AEwAQ#v=onepage&q=quartier%20du%20g%C3%A9n%C3%A9ral%20bourmont%20%C3%A0%20florennes&f=false

 

  

 
Voici les lettres de Bourmont et Clouet, adressées au général Gérard :

Florennes, le 15 juin 1815

Mon général,

Si quelque chose au monde avait pu, dans les circonstances actuelles, me déterminer à servir l'empereur, ç'aurait été votre exemple et mon attachement pour vous, car je vous aime et vous honore bien sincèrement. Il m'est impossible de combattre pour affermir un gouvernement qui proscrit mes parents et presque tous les propriétaires de ma province.
Je ne veux pas contribuer à établir en France un despotisme sanglant, qui perdrait mon pays, et il m'est démontré que ce despotisme serait le résultat certain du succès que nous pourrions obtenir.
On ne me verra pas dans le rangs étrangers; ils n'auront de moi aucun renseignement capable de nuire à l'armée francaise, composée d'hommes que j'aime et auxquels je ne cesserai de prendre un vif intérêt, mais je tacherai d'aller défendre les proscrits francais, de chasser loin de la patrie le système des confiscations, sans prendre de vue la conservation de l'indépendance nationale. J'aurais donné ma démission et serais allé chez moi, si j'avais pu croire qu'on m'en laissât maitre; cela ne m'a point paru vraisembable dans le moment actuel et j'ai du assurer, par d'autres voies, ma liberté, afin de ne pas perdre tout moyen de concourir au rétablissement d'un meilleur ordre de choses en France.
J'éprouve un profon chagrin de l'idée de la contrariété que vous causera mon départ; pour vous éviter un désagrément, j'exposerais cent fois ma vie, mais je ne peux renoncer à l'espoir d'être encore utile à mon pays.
Toujours et quoi qu'il arrive, je conservai pour vous l'attachement le plus sincère et le plus respectueux.

Le lieutenant général Comte de Bourmont

Florennes, le 15 juin 1815

Mon général, les motifs qui déterminent le départ de M.de Bourmont sont aussi les miens,et il faut qu'ils soient bien puissants pour que je me résolve à quitter une armée remplie de mes amis, et commandé par un chef dont le caractère noble et les grands talents inspirent à la fois le respect, l'attachement et une confiance sans bornes. Mes amis vous diront, mon général, tout ce qu'il m'en coute pour suivre ce parti. Il me faut cette conviction intime que je fais par là le bien de mon pays, pour abandonner tout ce qu'on trouve sous vos ordres.Je suis avec le plus vif chagrin et un profond respect,

Colonel Clouet

 Pour ces correpondances, celles de Gérard et de Soult,
voir http://www.waterloo-campaign.nl/june15/gerard.pdf

 

Comme le mentionne le Cahier 17 de l'Association Belge Napoléonienne, le texte de la lettre de Bourmont donne une image bien différente que celle du simple traître.

Pour la correspondance adressée par Napoléon et ses ordres pour la journée du 15,
voir http://www.1789-1815.com/nap_corr_1815_06.htm

 

Pour la petite histoire, Bourmont et son état-major (guidés, ou renseignés, par un certain Augustin Dupéroux) auraient quitté Florennes par la rue du hierdau, la route de Corenne, puis le richa en direction de Stave (ancienne route de Namur). Les deux grand-routes, celle reliant Philippeville à Namur,  est ouverte vers 1834, et l'autre, entre Fraire et Rouillon existe depuis 1839.

 

Le IV corps du général Gérard comprend 15 995 hommes :

26 bataillons.................................................12 800 hommes

  • 12e Division d’infanterie : général Pécheux (brigades Romme et Schoeffer)
    6e léger, 30e, 63e, 96e de ligne
  • 13e Division d’infanterie : général Vichery (brigades Le Capitaine et Desprez)
    48e, 59e, 60e, 76e de ligne
  • 14e Division d’infanterie : général Bourmont (puis Hulot) (brigades Hulot et Toussaint)
    9e léger, 44e, 50e, 111e de ligne

14 escadrons (hussards, chasseurs, dragons)............1 628 hommes

  • 7me division de cavalerie : général Maurin (brigades Vallin et Berruyer)
    6e hussards, 7e et 8e chasseurs, 6e et 16e dragons

Quatre batteries à pied, une à cheval : 38 bouches à feu.
Artillerie: général Baltus

Génie, équipages militaires, etc.
Général Valazé : 4 compagnies.............................1 567 hommes

 

 

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Depuis 1875, dans l'appellation Les Rouges, la Compagnie constitue l'un des piliers de la Saint-Pierre...-et- Paul.