Les débuts...

Les Cent jours resteront l’aventure la plus extraordinaire d’une vie exceptionnelle. Napoléon accostait le 1er mars 1815 au Golfe Juan. Arrivée à Vienne le 7 mars, la nouvelle de la disparition de « l’Ogre de Corse » mettait le Congrès de Vienne en émois. Malgré la bonne volonté de Napoléon qui, en vain, adressait à tous les gouvernements les assurances les plus pacifiques, nul parmi les congressistes, ne lui faisait confiance.
Dès le 13 mars, les puissances réunies mettaient « l’usurpateur » hors la loi et les Quatre (Angleterre, Autriche, Prusse et Russie) s’engageaient à combattre Bonaparte et levaient rapidement des Armées dans le but d’envahir la France à partir du 1er juillet.
Parmi celles-ci, deux Armées établissaient leur camp en Belgique :

 Amalgame de Britanniques, d’Hollando-Belges et d’Allemands d’origines diverses (Hanovriens, Légion germanique, Brunswickois), l’Armée des Pays-Bas, sous les ordres du duc de Wellington, s’organisait autour de deux Corps d’armée et de deux réserves: I Corps (prince Guillaume d’Orange), II Corps d’armée (Lieutenant général Lord Hill), la Réserve d’infanterie (duc en personne) et la Réserve de cavalerie (lord Uxbridge).
Cette Armée surveillait la frontière entre la mer du Nord et Mons, couvrant Bruxelles, Anvers, Ostende et Gand.

 

 L’Armée du Bas-Rhin (118.000 hommes), pour sa part se divisait en quatre Corps : I Corps (général von Zieten), II Corps (général von Pirch I), III Corps (général Baron von Thielmann) et IV Corps (général Baron Bülow von Dennewitz). Elle était commandée par le feld-maréchal prince Blücher von Wahlstatt.
Casernée entre Liège et Charleroi, elle gardait la frontière entre cette dernière ville et Givet.

 

Face à Wellington et à Blücher, La France disposait de l’Armée du Nord. Elle se composait de cinq Corps: Les I Corps (Drouet d’Erlon), II Corps (Reille), III Corps (Vandamme), IV Corps (Gérard), VI Corps (Mouton, comte de Lobau), La Garde (Drouot), la réserve de cavalerie (Grouchy) et le grand parc, soit environ 125.000 hommes.

 Napoléon, conscient du danger que représentait les Armées coalisées, décidait de porter l’offensive en Belgique; ne laissant aux autres frontières que des garnisons : le V Corps (général Rapp) en Alsace et le détachement Lecourbe dans le Jura, le VIII Corps (maréchal Suchet) dans les Alpes, le groupement du maréchal Brune tenait le Var, le VII Corps divisé en deux (Clauzel et Decean) protégeait les Pyrénées, enfin la Vendée - toujours prête à se réveiller et à se soulever - était contrôlée par le groupement de Lamarque.

Tout concours à ce qu’une victoire rapide et décisive y soit possible mais il lui faut l’obtenir avant que les armées anglo-néerlandaises et prussiennes ne fusionnent pour l’offensive. Elles formeraient alors une masse de plus de 216 000 hommes qui le mettrait dans l’obligation de lutter à 1 contre 2.

 Pour réussir ce pari impossible, il lui faut résoudre plusieurs problèmes. Le premier est de détourner les troupes de Wellington ou du moins retarder leur arrivée sur le champ de bataille. Cette force, la moins considérable des deux qui lui sont opposées, devra être réduite en second. C’est vers Blücher et ses 123.000 hommes qu’il doit en premier jeter son armée encore fraîche.
La position de ses ennemis sur la carte dicte à l’Empereur la manœuvre à suivre. Entre les Français et les Alliés, un seul obstacle majeur : la Sambre. Une seule direction pour la franchir sans buter en plein centre de l'un ou de l'autre ennemi : Charleroi.

Plus encore, pour être efficace l’action doit être rapide, incisive et surtout ignorée de l’ennemi le plus longtemps possible. Pendant que l'armée du Nord va prendre ses positions de départ, les Gardes nationaux du Nord de la France opéreront des incursions fréquentes dans la partie Ouest de la Belgique actuelle. Ces manœuvres de harcèlement et de diversion troublent Wellington. Il ne sait pas sur quel point porter le gros de ses forces et se trouve donc dans l’impossibilité de redistribuer ses troupes pour mieux recevoir l’attaque.

Pendant ce temps la concentration des troupes françaises se réalise en un temps record, le 1er Corps de Drouet d'Erlon, fort de 19775 hommes à pieds, 1875 cavaliers et 46 pièces d’artillerie, a quitté Lille le 9 juin pour Valenciennes.
Le 2ème Corps de Reille, 22500 hommes, 2250 cavaliers et 46 pièces, et le 3ème Corps de Van Damme, 15775 hommes, 1275 cavaliers et 50 pièces, atteignent Maubeuge.
Le 4ème Corps de Gérard, 13350 hommes, 1375 cavaliers et 38 pièces d’artillerie partis de Metz le 7 juin, a rejoint Philippeville.
Le 12 juin, peu avant l'aube, l'Empereur quitte Paris.
Le 13 juin, il est à Avesnes et examine les places-fortes de Soissons et de Laon.
Le 14, à Beaumont, il installe son quartier général.
La Garde, 15000 hommes 4400 cavaliers et 126 pièces, le 4ème Corps de Lobau, 10300 hommes et 32 pièces, et la Réserve de Cavalerie de Grouchy, 1800 cuirassiers sous les ordres du général Delort, l’y rejoignent.

L'armée française du Nord, qui s’étendait sur un territoire allant de Metz jusqu’à Lille, se retrouve concentrée sur un triangle de quelques dizaines de kilomètres de côté. Elle est forte de 110.000 hommes et appuyée par au moins 344 canons.
L'ordre de mouvement donné est complexe et minutieusement minuté. Le 15 juin, les unités lèveront le camp pour foncer en direction de Charleroi et franchir la Sambre dans et à proximité de cette ville.

Cinq ponts sont gardés dans ce secteur : Charleroi, Marchienne, l'Abbaye d'Aulne, Thuin et Lobbes. Les trois derniers ne sont pas intéressants au point de vue tactique car ils ne débouchent pas sur des routes principales et le relief est trop important, aussi bien rive gauche que rive droite, pour rendre tout passage d'artillerie et du Train facile et rentable. Cela coûterait trop cher en chevaux (seul moyen de traction de l’époque) et la France en est déjà pauvre.
Les ponts de Marchienne et de Charleroi sont donc tout désignés. Il en faut un troisième et ce sera celui de Châtelet, légèrement plus lointain mais en principe, et de manière surprenante, non défendu. Le départ est prévu à 3 heures, les ponts devant être pris vers 9 h.

Au 1er échelon, à gauche, se trouve le 2ème Corps de Reille, il s’avance par Solre-sur-Sambre, Thuin, Marchienne.
Au centre, le 3ème Corps de Vandamme, précédé des cavaliers de Domon et Pajol, passe par Beaumont, Ham-sur-Heure et Charleroi.
A droite, le 4ème Corps de Gérard suit un itinéraire par Florennes, Gerpinnes, Châtelet et Charleroi. 

Au 2ème échelon, suivent, à gauche le 1er Corps d’Erlon dont l'ordre de mission ne spécifie pas s’il doit passer la Sambre à Marchienne ou à Charleroi, au centre, la Garde, le 6ème corps de Lobau et à droite la réserve de cavalerie de Grouchy (14ème division de cavalerie du général Delort) .

Le soir du 15 juin, Napoléon a installé son quartier général à Charleroi chez le maître de forges Puissant. La bataille qu’il espérait n’a pas eu lieu...


 

Depuis 1875, dans l'appellation Les Rouges, la Compagnie constitue l'un des piliers de la Saint-Pierre...-et- Paul.